Tribune libre


Un peu d'optimisme en ces temps perturbés

Chacun le sait, il ne faut pas tirer sur une ambulance, surtout lorsque celle-ci conduit un malade qui s'appelle la France. Notre pays est à ce point en mauvais état qu'il est intubé depuis déjà de nombreuses années sans que les docteurs à son chevet ne sachent comment opérer. Et ce n'est pas faute de nous avoir anesthésiés.


Le KO par trop d'impôts


Pourtant, le pilote de cette ambulance, et accessoirement du pays, a tenté quelques remèdes, dont certains étaient pires que le mal tandis que d’autres se sont révélés plutôt positifs. On se souvient de ses débuts chaotiques, avec une inflation fiscale à rebours des politiques économiques européennes et de ses tâtonnements présidentiels qui dénotaient face à la crise.

Cet amateurisme fleurait son socialisme primaire quand la situation exigeait des mesures drastiques et une plus grande liberté pour les entreprises.

Passées ces deux premières années calamiteuses, notre ambulancier en chef a compris qu’il fallait changer de cap. Enfin, qu’il fallait reprendre le volant et se recentrer. C’est là qu’il a sans doute pris la mesure de ses responsabilités et des contraintes du malade.


Mister Macron et le new deal


Heureusement, docteur Macron est arrivé, ainsi qu’un nouvel élan, tourné, vers l’entreprise, enfin jugée à l’aune des créations d’emploi et de la liberté d’entreprendre. Le CICE a ainsi redonné un espoir concrétisé par d’autres mesures qui montraient que les entrepreneurs n’étaient plus dans la ligne de mire, comme au stand de tir des pigeons.

Pour cela et d’autres mesures, que je juge allant dans le bon sens (déduction exceptionnelle des investissements, réforme des Prudhommes…), ce gouvernement n’a pas démérité. Il faut le dire et le saluer, dans le concert des critiques plus ou moins fondées, de tous les bords.


Jugeons sur pièces sans œillères


Voilà pourquoi, à mon plus grand étonnement, moi qui professe un libéral-entrepreneuriat, dans le respect des règles sociales, je suis aujourd’hui satisfait des récentes mesures parce que le CICE est bon pour les entreprises et que les PME sont le socle sur lequel l’emploi peut repartir.

Cela ne fait pas de moi un converti au socialisme, bien au contraire, je crois que c’est eux qui se sont auto-convertis à un opportunisme du marché. Bien sûr, leur calcul n’est pas innocent et sans arrière-pensées. Ils voient ce qu’ils ont à gagner à changer la donne, à redonner une marge de manœuvre aux entreprises. Et dans cette amélioration, il y a encore des sujets qui fâchent et d’autres qui sont à la peine, comme justement la pénibilité.

Alors, tout ne va pas bien madame la marquise. Certes, non. Les maux sont nombreux et notre pays n’a toujours pas pris le chemin de la convalescence. Il faut cependant rentre à César ce qui est à Hollande, à son gouvernement et lui faire crédit de quelques intentions favorables, de quelques mesures justes.
Plutôt que la terre brûlée, continuons de semer, de cultiver, de travailler, et si possible de récolter. Le rendez-vous de 2017 sera d’autant plus important qu’il sera peut-être celui de la dernière chance.


Hervé Kratiroff
Février 2016


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